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Éviter les tensions : le coût caché de l'inaction managériale

Il y a les tensions visibles. Et puis il y a toutes celles que l’on choisit de ne pas regarder.

Un manager sait qu’une collaboration ne fonctionne plus, mais attend encore. Un dirigeant voit qu’une personne dépasse régulièrement les limites, mais repousse la conversation. Une équipe contourne une décision sans jamais la remettre ouvertement en cause.

Rien n’explose. En apparence, tout va bien.

C’est parfois précisément là que le problème commence.

Car éviter une tension ne la fait pas disparaître. Cela la transforme.

Le désaccord devient du non-dit.

Le non-dit devient de la défiance.

La défiance devient du désengagement.

Et lorsque le problème finit par devenir impossible à ignorer, il est souvent devenu beaucoup plus coûteux à traiter.

Le prix du « ce n’est pas le moment »

Sur le terrain, l’évitement prend rarement la forme d’un choix assumé. Il ressemble plutôt à une succession de petites décisions : « Je vais attendre un peu. » « Ce n’est pas le bon moment. » « Il est déjà sous pression. » « Je ne veux pas envenimer les choses. » « Cela va peut-être se régler tout seul. »

J’ai accompagné un manager qui repoussait depuis plusieurs mois une conversation avec un collaborateur dont le comportement posait problème à l’équipe. Il ne voulait pas « créer de conflit ».

Lorsqu’il a finalement accepté d’aborder le sujet, la conversation n’était plus seulement celle d’un comportement à recadrer. Elle portait désormais sur des mois de frustration accumulée, plusieurs collègues découragés et une confiance largement dégradée.

Le manager avait voulu éviter une tension et il avait surtout laissé le problème prendre de l’ampleur.

Ne pas intervenir est déjà une décision

Le courage managérial ne consiste pas à aimer les conflits. Il consiste à accepter qu’une conversation difficile peut parfois être moins coûteuse qu’un silence prolongé.

Avant d’intervenir, il peut être utile de se poser trois questions.

  1. Qu’est-ce que je sais ? Distinguer les faits des interprétations permet d’éviter d’entrer dans la conversation avec un procès déjà instruit.
  2. Qu’est-ce que je n’ose pas dire ? Cette question est souvent plus révélatrice. Quelle réalité cherchez-vous à éviter ? Une déception ? Une colère ? Une réaction émotionnelle ? La nécessité de prendre ensuite une décision ?
  3. Qu’est-ce que mon silence produit déjà ? Car l’absence d’intervention n’est jamais neutre. Elle peut être interprétée comme un accord, une tolérance ou une absence de cadre.

Le bon moment n’existe pas toujours. Il existe surtout des moments où le coût de l’attente devient supérieur au coût de la conversation.

Traverser la tension plutôt que la subir

Toutes les tensions ne nécessitent pas une intervention immédiate. Mais lorsqu’un sujet revient, s’aggrave ou commence à contaminer le collectif, l’évitement devient lui-même un sujet managérial.

Le manager n’est pas responsable de toutes les tensions qui émergent dans son équipe. En revanche, il est responsable de la manière dont il choisit de les regarder.

Parfois, une conversation inconfortable suffit à remettre du mouvement là où tout semblait figé. Parfois, elle conduit à une décision plus difficile.

Mais dans les deux cas, elle permet de sortir de l’attente. Car le véritable courage managérial n’est peut-être pas de savoir gérer les conflits mais d’accepter de ne plus faire semblant qu’ils n’existent pas.

Et vous ? Quelle tension continuez-vous à appeler « un problème relationnel » alors que votre véritable problème est peut-être de ne pas avoir encore eu le courage de l’affronter ?

Coach Professionnelle Certifiée, je peux vous accompagner pour prendre du recul, clarifier votre position et préparer les conversations ou décisions qui vous permettront de retrouver du pouvoir d’action. Contactez-moi pour échanger sur votre situation et envisager un accompagnement en coaching.